Gazette de Vaucluse – No. 316 du 15 Janvier 1848
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Voir les numéros des 15, 17, 20, 24, 27, Novembre, 1er, 8, 11, 15, 22, 29 et 31 décembre.
CONSEIL MUNICIPAL.
Le Conseil municipal s’est réuni mercredi 12 janvier 1848,
sous la présidence de M. Chauffard, maire d’Avignon.
Sur la proposition de M. le Maire, le Conseil a voté d’unanimes remercîmens à tous les membres de l’ancienne administration pour leur actif dévouement dans l’accomplissement de leurs fonctions.
Le Conseil a nommé, la commission de trois membres qui, en exécution de l’art. 35 de la loi du 21 mars 1831 doit donner son avis au sujet des réclamations relatives aux inscriptions sur la liste des électeurs communaux.
MM. Augte Clauseau, de Zanobis et Ricard ont été nommés membres de cette commission.
Une discussion s’est engagée sur les modifications à apporter à la salle des spectacles et sur le plancher à établir pour donner des bals masqués. Un membre dont la paroie doit faire autorité, M. Guirand, a exprimé l’opinion que le cahier des charges obligeait la ville à faire les frais de ce plancher ; c’était aussi l’opinion de M. le Maire, de MM. Cousin, Vitalis, de Zanobis et autres ; MM. Pamard, Thomas et Boyer ont soutenu l’opinion contraire. Les différentes observations présentées par un grand nombre de membres ayant prolongé les débats, M. le Maire a proposé d’ajourner. toute détermination jusqu’à ce qu’on ait pu s’assurer que le Directeur du théâtre est dans l’impossibilité, comme il le prétend, de faire, en l’état actuel de la salle, des recettes en rapport avec ses dépenses, et il a exprimé l’avis qu’il conviendrait de nommer des inspecteurs pour contrôler les recettes pendant un temps suffisant.
Le Conseil a autorisé M. le Maire a nommer un ou plusieurs inspecteurs et à les payer sur le crédit des dépenses imprévues.
Il aéré décidé néanmoins qu’on fermerait immédiatement l’ouverture de l’escalier des premières et qu’on ferait poser le tambour pour la porte des abonnés.
Il est à remarquer que les prix proposés par les architectes pour l’exécution de ces deux ouvrages ont été considérablement diminués par les soins qu’à pris l’administration, et par le sévère examen qu’elle a fait du devis qui lui avait été présenté.
Ainsi le prix de la fermeture de l’escalier qui devait s’élever à 109 fr. a été réduit à 76 fr. 50.
Le tambour pour la porte des abonnés porté à 205 fr. 90 c. a été exécuté pour la somme de 102 fr. 37 c.
Le Conseil a été appelé à donner son avis sur les résultats de l’enquête qui a été ouverte, conformément à l’art. 2
de la loi du 3 mai 1841, au sujet des alignemens de la rue Geline et la rue Racine.
Une seule opposition, celle du sieur Christin, a été produite contre le projet.
Le Conseil considérant que le sieur Christin ne s’appuye sur aucun motif de quelque valeur a été d’avis de ne pas s’arrêter à son opposition et de poursuivre les formalités relatives à l’expropriation.
Il a été donné lecture d’une lettre du sieur Durand, magasinier du Théâtre, tendant à obtenir une indemnité de 4,000 fr. pour le dédommager des pertes qu’il prétend lui avoir été occasionnées par l’incendie du 26 janvier 1846.
Le Conseil a remarqué que parmi les motifs qu’il fait valoir à l’appui de sa demande, le sieur Durand prétend
L’administration, par une heureuse innovation, appelle elle-même sur les affaires la lumière et la publicité que ses prédécesseurs semblaient si fort redouter, et M. le Maire vient de nous adresser, sans aucune sollicitation de notre part, le compte-rendu, qui suit, de la dernière séance du Conseil municipal.
Mémoires d’un notaire. *
premiére partie.
chapitre III.
l’attente.
feuilleton.
Avignon, 15 Janvier.
La Chambre des Pairs à commencé la discussion de son adresse en réponse au discours d’ouverture. le projet, lu par M. de Barante, n’est, selon la coutume, qu’une paragraphe de la parole officielle et nous aurions dédaigné d’en faire mention, si, dans cet échange de félicitations annuelles entre le ministre et MM. les Pairs, nous n’avions remarqué, avec une surprise extrême, quelques doutes, timidement émis par la commission, sur l’éxistence d’un équilibre parfait entre les recettes et les dépenses du budget. Quel vent inaccoutumé a donc soufflé sur nos inamovibles pour leur inspirer tant de hardiesse et de résolution ?
Le plus jeune membre de l’assemblée, M. le comte d’Althon-Shée a remplacé le rapporteur à la tribune et prononcé un discours qui n’a pas duré moins de deux heures. Toutes les opinions sont unanimes pour déplorer cette malheureuse fécondité.
L’orateur a fait le tour entier de l’Europe et éxaminé successivement nos relations avec chacune des puissances de ce continent. Partout il a montré notre politique hostile à la liberté, abandonnant la cause des peuples pour celle des rois, contre-révolutionnaire à l’extérieur, ultrà royaliste à l’intérieur. Dès les premiers jours qui suivirent les événemens de 1830, les prétendus représentants de la France régénerée se signalèrent par leurs vues monarchiques : on a persévéré depuis dix-sept ans dans cette voie : le gouvernement travaille assidûment à racheter par des concessions et des sacrifices sans nombre son origine populaire et à se faire admettre parmi les souverains absolus. M. d’Althon-Shée ne prend nullement la peine de déguiser les sentiments dont il est animé à l’égard de ces princes : S. M. l’Empereur d’Autriche est un vieillard cruel et corrompu; le duc de Lucques un Néron en raccourci; à peine si Sa Sainteté Pie IX trouve grâce devant ce furieux démagogue. Les jésuites, on devait s’y attendre, n’ont pas été traités avec plus de ménagement : adjonction parasite à la religion catholique, apôtres d’intolérance, après avoir tenté d’établir des doctrines de théocratie contre les rois, ils sont devenus les champions de l’autorité spirituelle et temporelle des Papes. Tels ils se montraient en Suisse et leur présence y était un obstacle insurmontable à la li-
berté marchant vers la souveraineté.
L’orateur cependant veut bien reconnaltre qu’à l’égard de la Suisse catholique la liberté religieuse a été violée. Grâces lui soient rendues.
L’amour seul de la liberté (c’est toujours le noble Pair qui parle) peut seul pousser l’homme à l’héroisme; la foi religieuse est impuissante: voyez les combattants des 5 et 6 juin ; ils ont péri jusqu’au dernier. Voyez au contraire les catholiques : ils sont demeurés impassibles en présence des dangers qui menaçaient leurs frères et à peine s’ils ont témoigné leurs sympathies par une somme de cent mille francs versée dans les caisses de l’Union Monarchique et de l’Univers. La France, l’Allemagne ont vu avec indifférence la défaite du Sonderbund; l’Italie, Rome elle mème ont applaudi au succès des radicaux et les jésuites, qui vont chercher dans l’Inde et la Chine les palmes du martyre, ont, comme de vils matérialistes, cherché leur salut ici bas dans la fuite.
Au moment de quitter la tribune, le jeune Pair à invité les peuples d’Italie à renoncer à leurs promenades patriotiques, à leurs hymnes, à prendre les armes et à mourir en fesant feu sur leurs tyrans, comme de vrais martys de la liberté.
M. d’Althon-Shée a eu le triste courage de répéter par deux fois sa précédente déclaration qu’il n’était ni chrétien ni catholique : quelles que soient désormais ses paroles, les sentiments exprimés par lui, rien, après un semblable aveu, ne saurait nous étonner. Nous nous bornerons donc à plaindre la Chambre et le public de se trouver exposés à subir ses harangues et surtout la France de posséder un semblable représentant.
On s’abonne : au Bureau à Avignon , rue des Ortolans , 4 , maison Fischer; on s’abonne aussi à Paris, à l’Office-
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Pour le dehors. . . . . . . 30
PARAISSANT LE SAMEDI ET LE MERCREDI SOIR.
Gazette de Vaucluse,
No 316.
Quatrième Année.
Samedi, 15 Janvier 1848.
Après avoir quitté Julie Thibaut, Gaston de Tervaz, tout en s’acheminant vers Villeneuve, se demandait tristement ce qu’il avait à faire. Plus il était décidé à attendre de nouveaux ordres de madame de Varni et à lui obéir aveuglément, plus il comprenait la nécessité de garder, en attendant, un strict incognito. L’affreux soupçon dont il ne pouvait se défendre à l’égard du vicomte de Varni, cette renommée sinistre, le vague et effrayant prestige de cette puissance sans bornes, de cette volonté sans frein, tout prouvait à Gaston combien il devait tenir à rester inconnu tant qu’il séjournerait dans le pays.
Livré à ces préoccupations qui venaient s’ajouter à sa douleur et augmenter le désordre de ses pensées, M. de Tervaz se trouva, sans s’en apercevoir, arrivé à Ville-
neuve. La nuit était si noire, qu’il y voyait à peine pour se conduire. La rue où il entrait et qui aboutissait à l’auberge où il avait laissé son cheval, était déserte : aucune lumière ne brillait aux fenêtres ; aucun murmure ne sortait de ces maisons,qu’on eût dit dépeuplées ou habitées par des spectres-: les pas de Gaston retentissaient dans le silence et dans le vide, et ces pas sonores semblaient se répéter derrière lui, à mesure qu’il avançait.
Tout-à-coup, pendant qu’il longeait une haute et sombre muraille, coupée vers le milieu par une large porte ogivale, un bruit étrange frappa son oreille ; c’était un chant grave, mesuré, s’élevant et s’éteignant par intervalles ; bien qu’assourdi par l’épaisseur des murs, ce chant, tantôt formé par une seule voix, tantôt repris en chœur et à l’unisson, arrivait distictement jusqu’à Gaston, grâce au calme profond de cette heure silencieuse ; il écouta plus attentivement, et il entendit une voix mâle et forte entonner le premier verset du beau psaume :
« In te, Domine, speravi !... Inclina ad me aurem tuam, et salva me ! »
C’étaient des religieux qui chantaient l’office de nuit.
Rien ne saurait rendre l’effet que ces voix lointaines, ces hymnes d’espérance et de prière produisirent sur l’âme déchirée de Gaston. Il se souvint alors avoir entendu dire qu’il y avait à Villeneuve une Chartreuse célèbre; il comprit que le hasard l’y avait conduit, et que nulle part il ne pourrait trouver une hospitalité plus discrète et plus sûre.
On a dit beaucoup de mal des couvens : on s’est élevé avec violence contre ces puissances collectives qui ap-
pauvrissaient l’humanité, en absorbant dans leur unité multiple un nombre immense d’intelligences, de volontés et de richesses. Loin de nous l’envie de protester contre ce progrès social qui, émancipant les classes dépendantes et pauvres, a généralisé ces deux droits de l’homme : posséder et penser ! Il en est des phases de l’humanité comme des âges de l’individu, et des siècles de celle-ci comme des années de celui-là. Enfant, elle a eu besoin des deux grandes tutelles, féodale et religieuse, dont l’une possédait et l’autre pensait pour elle. Parvenue à la virilité, il est juste qu’elle exerce à son tour la gestion de cette double fortune ; mais des règlemens de comptes ne sont ni des procès, ni des invectives. Calomnier le passé, c’est insulter le présent ; car l’un est issu de l’autre, et c’est offenser un fils, que de faire injure à son père.
Oui, l’émancipation des masses est un progrès et un bonheur. Augmenter la valeur de l’individu, et par conséquent du mérite et de l’industrie personnelle ; offrir à,cette industrie, à ce mérite, un sujet permanent d’émulation et d’ardeur, un idéal d’élévation et d’opulence d’où l’oisiveté peut faire déchoir le riche, où le travail peut faire monter le pauvre, cela est juste, cela est noble, cela est beau. Sans, doute cette émancipation ne produit pas toujours les fruits qu’on devrait en attendre ; dans l’infinie variété de ses résultats, elle enfante d’autres misères, plus complètes plus désolées peut-être, mais celles-ci ont un avantage sublime ; elles s’appartiennent. Vous vous souvenez de cet admirable passage du plus grand de nos penseurs : « L’homme n’est qu’un roseau, mais c’est un roseau pensant ; une vapeur,
M. Richard de Radonvilliers dit, dans son écrit démocratique :
« En 1791, le prince de Kaunitz disait : la révolution française durera long-temps... peut-être toujours. Cet étranger ne pressentait-il pas que pendant bien longtemps la France serait la proie d’intrigans, de hauts et bas roués politiques, habitués à se jouer des actes, des
Malheur aux temps où il faut payer les majorités ! Les hommes qu’on achète sont capables de tout.
(Idem.)
Pourquoi les classes inférieures échappent-elle à la corruption ? Parce que le régime doctrinaire les a mises hors la loi. Le jour où M. Guizot aurait besoin d’elles, il les empoisonnerait.
(Idem.)
Souvent la gauche compare la Restauration avec le régime nouveau. Convenons qu’elle ne le fait jamais sans reconnaître la supériorité morale de la Restauration. Cependant, la gauche l’a renversée, et elle la renverserait encore. Pourquoi ? Précisément à cause de cette supériorité morale. Ce que les temps corrompus supportent le moins, c’est la probité.
(Union Monarchique.)
Lord Palmerston, dans sa note sur les affaires de Suisse, donne de singulières raisons pour justifier l’exclusion des Jésuites. Il leur reproche d’être institués pour combattre le protestantisme et d’être un sujet d’inquiétude pour la majorité protestante de la Suisse.
Que deviennent avec cet argument et la liberté reli- gieuse et l’existence des minorités religieuses? Le protestantisme, après tant de récriminations, met en avant les mêmes argumens et les mêmes moyens qui ont été employés à d’autres époques pour l’exclusion du protestantisme 1
(Union Monarchique.)
Société d’Agriculture et d’Horticulture de Vaucluse.
Exposition publique de produits Agricoles et Horticoles,
les 24, 25 et,26 mars 1848.
programme de l’exposition et des concours.
Article 1er. Une exposition agricole et horticole aura lieu à Avignon les 24, 25 et 26 mars. Tous les agriculteurs, horticulteurs, jardiniers, amateurs, etc., sont appelés à y prendre part.
Art. 2. Seront admis: des plantes d’agrément en fleurs, des plantes rares ou précieuses, fleuries ou non fleuries, des fruits et des légumes remarquables par leur beauté, leur nouveauté ou leur conservation ; des outils, instruments, modèles de machine, etc., applicables à l’agriculture ou à l’horticulture.
Art. 3. Les membres de la société sont particulièrement invités à envoyer à l’exposition quelques-unes des plantes de leurs cultures.
Art. 4. Des concours seront ouverts et réglés comme suit: Concours entre les jardiniers ou agriculteurs ; concours entre les amateurs.
1er Concours. — Pour les plus beaux légumes de primeur.
2e. — Pour la collection la plus belle et la plus intéressante de fruits conservés dans leur état naturel.
3e. — Pour une ou plusieurs plantes les plus nouvelles obtenues de semis par l’exposant.
4e. — Pour la plus riche collection de plantes de serres en fleurs.
5e. — Pour la plus belle collection en fleurs de camellia.
6e. — Pour la plus belle collection en fleur de rhododendrum et d’azalea.
7e. — Pour la plus belle collection en fleurs de primula (primevères et auricules.)
8e. — Pour la collection en fleur la plus belle de plantes dites bulbeuses, (jacinthes, tulipes, narcisses, amaryllis, etc.)
Art. 5. La société prévient les exposants qu’aux termes de son règlement, les habitants de Vaucluse sont seuls aptes à concourir; cependant un prix sera réservé à la plus belle et à la plus rare plante en fleur, choisie parmi celles envoyées à l’exposition par des jardiniers étrangers
au département.
Art. 6. Chaque lot destiné à concourir devra être accompagné d’une note désignant les plantes, fleurs, fruits, légumes, etc., sans aucune indication du nom des concurrents.
Art. 7. Des médailles seront à la disposition du jury pour des objets méritants qui n’auraient pas été prévus au présent programme.
Art. 8. Les prix pour les jardiniers consisteront en médailles d’argent, pour amateurs en médailles de bronze.
Art. 9. Toutes les collections seront apportées aux frais des exposants ; elles seront déposées dans le lieu de l’exposition sous la direction de commissaires et séparées les unes des autres ; rien ne pourra être retiré avant le 26 au soir.
Art. 10. Les places à l’exposition seront tirées au sort: chaque exposant acceptera celle qui lui sera échue.
Art. 11. Un certain nombre de plantes exposées ou qui devront l’être seront acquises par la société aux jardiniers et mises par elle en loterie. Le tirage en sera fait publiquement, le dernier jour de l’exposition.
Art. 12. La distribution des prix aura lieu le 26 mars, en séance publique à la suite d’un rapport sur les résultats du concours.
Art. 13. Un jury nommé d’avance sera chargé d’admettre les objets présentés à l’exposition et de juger les concours. Les décisions seront définitives et sans appel. Les fonctions de juré entrainent de droit la rénonciation aux bénéfices du concours, mais n’excluent pas de l’exposition.
Art. 14. Le lieu de l’exposition ainsi que les dispositions particulières, nécessaires pour cette solennité, seront ultérieurement. indiqués.
Fait et délibéré, en séance, le 10 janvier 1848.
Le Secrétaire, Le Vice-Président,
Sellier. Th. Clauseau.
que des fers ou autres objets lui appartenant, trouvés dans les décombres, ont été vendus au profit de la ville.
Le Conseil a ajourné sa décision jusqu’à ce que le pétitionnaire ait fourni la preuve de ce fait.
Le Conseil a donné un avis favorable à une délibéra- tion de la commission administrative des hospices ayant, pour but de poursuivre l’expropriation-d’un terrain appartenant au sieur Boudin et qui est nécessaire à l’exécution d’un promenoir au devant de l’Hôpital.
Le Conseil a délibéré qu’il y avait lieu d’approuver un devis dressé par MM. les ingénieurs du département pour l’arrachage des pieux des deux basses palées de l’ancien pont en charpente sur la branche gauche du Rhône.
Le Conseil a prorogé pour un an la bourse communale dont jouit au Collège-Roval le jeune Brun (Auguste.)
En exécution de l’article 17 de l’ordonnance royale constitutive du syndicat des irrigations du clos de camp Rambaud, Saint-Véran, Jardin-Neuf et Bonne-Aventure, le Conseil a donné son approbation à la nomination des arroseurs proposés par ce syndicat, par délibération du 30 décembre dernier.
M. le Maire a ensuite proposé des modifications au tarif de l’octroi d’Avignon et a développé les motifs à l’appui de ses propositions ; il résulte des dispositions du nouveau tarif que les viandes à l’usage des classes pauvres paieront un droit moins élevé et que les taxes seront un peu augmentées sur les viandes de luxe.
Le Conseil a renvoyé la discussion sur ce tarif à la prochaine séance.
M. le Maire a entretenu le Conseil d’une demande formée par le Bureau de Bienfaisance à l’effet d’obtenir une allocation extraordinaire, pour faire face aux besoins de l’oeuvre.
M. le Maire a fait remarquer que cette affaire n’était pas portée à l’ordre du jour, mais qu’il avait cru devoir, dans l’intérêt de la classe indigente, en saisir le Conseil immédiatement, afin d’apporter le plus promptement possible du soulagement aux misères qui se font plus cruellement sentir en hiver.
Une somme de six mille francs, qui sera imputée sur les fonds libres de l’exercice 1848, a été allouée au Bureau de Bienfaisance.
Nous sommes invités à insérer la lettre suivante que M. le Maire d’Avignon vient d’adresser aux différents Cercles de cette ville :
Avignon, 14 janvier 1848.
Messieurs,
Les classes indigentes souffrent beaucoup dans ce moment, malgré le prix modéré du pain et des viandes de première nécessité. Les ressources du bureau de bienfaisance sont tellement épuisées que la ville vient de lui accorder d’urgence une subvention de six mille francs.
La charité particulière répand, sans doute, de nombreuses aumônes, mais elles ne suffisent pas : il faut donc venir au secours du bureau de bienfaisance, ce dispensateur de la charité publique.
En cet état, l’administration municipale a pensé que les Cercles de la ville accepteraient avec plaisir la proposition de souscrire a trois bals en faveur des indigens. Le produit des souscriptions serait versé, immédiatement et en entier, au bureau de bienfaisance : les frais de consommation faits dans le local ou les bals auront lieu devant compenser probablement les dépenses de l’entrepreneur de ces bals.
Messieurs, la proposition que vous adresse l’administration municipale et qu’elle espère vous voir agréer, est aussi adressée aux divers Cercles de la ville.
Par l’acceptation de ces Cercles, nous aurons d’abondantes aumônes, et la grande famille avignonaise se trouvera réunie dans un but commun de charité et de plaisir.
Messieurs, en dehors des membres des Cercles, vous pourrez accepter la souscription des personnes qui vous demanderaient d’être admises à ces bals et dont l’admission vous paraîtrait convenable.
Vous pourriez ainsi étendre hors d’Avignon, dans les villes qui nous avoisinent, des souscriptions, pour que nos pauvres fussent plus grandement soulagés et que les bals fussent plus brillants.
Les bals auraient lieu dans la salle de la bourse, rue Bonneterie, les 29 janvier, le 12 et le 26 février.
Toute carte d’admission sera personnelle et portera le nom du souscripteur : tout souscripteur pourra conduire les dames de sa famille.
Prix : 30 fr. pour les trois bals.
On devra souscrire pour les trois bals à la fois.
Veuillez, Messieurs, me faire connaître si cette proposition de l’administration municipale vous paraît devoir être acceptée : dans le cas d’une réponse affirmative, l’administration municipale aurait à vous écrire pour quelques détails relatifs à l’organisation de ces bals et pour la désignation que vous auriez à faire de six commissaires, en tout vingt-quatre, l’acceptation des autre Cercles étant non moins probable que la vôtre.
Agréée par vous, cette proposition de souscrire en faveur des indigens sera adressée à toutes les autorités et aux officiers de la garnison.
Veuillez agréer, Messieurs, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
Le Maire,
signé : chauffard.
Gazette de Vaucluse
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« une goutte d’eau suffit pour le tuer ; mais quand l’u-nivers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui tue, parce qu’il sait qu’il meurt. » Eh bien ! l’on peut dire aussi que le pauvre est aujourd’hui le roi de sa pauvreté, et qu’il n’était autrefois que le serf de son bien-être. Assailli de privations et de douleurs, il en souffre, mais il les domine : il sait qu’au fond de cette misère même repose le principe immortel qui le fait libre.
Mais il est un point de vue sous lequel les couvens sont à jamais regrettables. Les âmes souffrantes, les cœurs trop faibles ou trop grands pour leurs infortunes, trouvaient dans ces mystérieux asiles un refuge contre le monde et contre eux-mêmes : ils y entraient agités, frémissans, comme ces navires qui conservent encore dans le port quelque chose de l’agitation et des secoussees de la pleine mer : peu à peu ils subissaient à leur insu l’influence de ce qui se passait autour d’eux. L’habitude, ce désistement de l’esprit, l’obéissance, cette abdication de la volonté, substituait aux emportemens de la pas-, sion, à la vivacité des souvenirs, aux sinistres conseils du désespoir, à cette soif de l’impossible et de l’inconnu, grandeur et tourment de l’homme en ce monde, je ne sais quelle uniformité calmante qui tranquillisait ces âmes inquiètes, qui assainissait ces cœurs malades. Ceux mêmes qui ne se sentaient,ni le courage, ni le besoin d’entrer aussi avant dans la vie monastique, ceux qui avaient encore quelque chose à faire ici-bas, frappaient à la porte des couvens ; à titre de pèlerins et d’hôtes. Nul ne leur demandait le ssecret de leur douleur, et si l’irrésisti-
ble penchant de ceux qui souffrent les portait à se confier à quelqu’un, ce n’était pas une curiosité vulgaire, c’était un pouvoir consolateur et sacré qui accueillait leurs confidences ; ils les sanctifiaient en les épanchant ; ils se purifiaient la conscience en se soulageant le cœur : lorsqu’ils se relevaient, la force leur était revenue ; l’espérance leur semblait possible, et ils rentraient dans le monde, consolés et raffermis. Aujourd’hui nous avons changé tout cela : aux blessures de l’orgueil, aux déchiremens du remords, aux aspirations infinies de l’imagination et du désir, aux vertiges du désespoir, nous n’avons plus à offrir qu’un asile suprême : le suicide • ce cloître qui ne prie pas; ce tombeau qui n’espère plus.
Il est facile de comprendre avec quel pieux empressement Gaston de Tervaz, en proie à une aussi poignante douleur, courut vers cette porte derrière laquelle il entendait des chants de résignation et de prière : il frappa ; on lui ouvrit ; et, sans qu’il eût à subir aucune question, il fut conduit dans une des cellules réservées aux voyageurs.
La Chartreuse de Villeneuve, dont il ne reste plus maintenant que des vestiges, et dont les murailles, par une sorte de permission providentielle, ceinturent et abritent aujourd’hui le quartier le plus pauvre de la ville, s’étendait à mi-côté, dans une situation pittoresque et charmante. Les cellules avaient vue sur un vaste panorama, formé par les montagnes lointaines, Avignon, le Rhône, l’île de la Barthelasse, et auquel servaient de premier plan la jolie vallée de la Méjane et les arbres de la rive : au dehors tout était riant ; au dedans, tout était paisible ; les heures-s’écoulaient, amenant le retour régulier des mêmes passe-temps, des mêmes travaux, des mêmes exercices ; et cette vie égale, combinant sa douce monotonie avec cette atmosphère sereine, avec ce beau paysage, formait un harmonieux ensemble où se fondaient, en se complétant l’un par l’autre, le calme de la nature et celui-du cloître.
Le lendemain, Gaston de Tervaz, en se réveillant dans sa petite cellule bien silencieuse et bien blanche, se crut un moment le jouet d’un rêve ; le froid brouillard de la nuit s’était dissipé : un joyeux rayon de soleil arrivait jusqu’à son lit ; mais son premier regard rencontra une mâle et sombre figure qui le ramena au sentiment et au souvenir de la réalité : c’était Claude Rioux.
Claude, qui apportait chaque jour à la Chartreuse le produit de sa pêche, et qui, par conséquent, jouait un rôle d’autant plus essentiel dans les cuisines du couvent qu’on y faisait maigre toute l’année, était venu de grand matin à Villeneuve. Il avait vu à l’auberge le cheval laissé par M. de Tervaz, et, de questions en questions, sans commettre d’imprudence, grâce à cette sagacité d’induction, familière au paysan comme au sauvage, il avait fini par deviner que Gaston n’était pas parti et par se douter de l’asile qu’il avait choisi. Retourner à Avignon, voir Julie, la députer auprès de madame de Varni, prendre ses commissions, revenir à la Chartreuse, avait été pour Claude l’affaire de deux heures. Profitant de la liberté qu’on lui laissait dans l’intérieur, il était monté à la cellule de M. de Tervaz, et il se tenait debout à son chevet, attendant
NÉCROLOGIE. — Une des familles les plus honorables de notre fidèle Midi, vient d’être cruellement frappée. Mme la marquise d’Archimbaud est décédée, le 10 décembre dernier, dans son château de Vérone (Drôme.) Pour ceux qui ne l’ont pas connue, dire qu’elle était bonne, ce n’est que payer à sa mémoire en de ces vulgaires tributs qu’on jette sur une tombe comme une couronne de fleurs banales. Mais, pour quiconque a eu le bonheur de connaître Mme d’Archimbaud, pour ceux-là, surtout, à qui elle accorda son amitié, cette bonté ineffable, ce rayonnement d’une belle âme qui se répandait autour d’elle et communiquait à tous quelque chose de son angélique sérénité, resteront comme un souvenir ineffaçable, comme l’idéal portrait de celle qui n’est plus. Essaierai-je de peindre la douleur de ses enfans, celle de son époux, qui, après les épreuves de l’émigration et les travaux de la vie politique la plus noble et la plus pure, se reposait dans cette affection délicieuse, perpétuel partage de doux sentimens et de bonnes œuvres ? Le coup qui le frappe est terrible ; mais son courage sera au niveau de son malheur. La religion prépare et amasse pendant les jours heureux, au profit des âmes vraiment pieuses, des trésors de résignation et de force qu’elles retrouvent dans les jours d’angoisses. L’homme de bien qui vient de perdre sa compagne, conserve, dans sa douleur, un double refuge : il n’a qu’à regarder auprès de lui, pour voir ses enfans qui pleurent à ses côtés, et à lever les yeux au ciel pour y retrouver l’être angélique qui
prie pour eux et pour lui.
armand de pontmartin.
— On lit dans la Sentinelle de Toulon :
« L’Akhbar aurait voulu que l’ex-émir, avant d’être en voyé en France, eût été conduit à Alger, où tous les chefs influents des populations auraient pu se convaincre de la soumission de ce chef. Il se passe ici un fait qui pourrait justifier les craintes de notre confrère africain sur l’incrédulité et la méfiance des Arabes. Il n’est pas un homme de l’équipage tunisien de la frégate Hassenie, mouillée dans notre port, qui croie à la prise d’Abd-el. Kader et à son arrivée au lazaret.
« Il est curieux d’entendre ces musulmans raconter avec le plus grand sérieux qu’Abd-el-Kader montait un cheval noir issu d’une cavale, présent de Mahomet, qui devait, en s’élevant, le soustraire à tout danger, fût-il dans un rond d’ennemis.
« Croit-on que les Algériens seront moins méfiants et moins crédules que les Tunisiens ? »
— M. le colonel Daumas, qui a passé plusieurs années
en Afrique et qui parle l’arabe, va partir pour Toulon. Il emportera, dit-on, une lettre autographe de Louis-Philippe à Abd-el-Kader, lettre dans laquelle le roi donne acte à l’émir vaincu de sa soumission, exalte le courage et l’habileté dont il a fait preuve dans sa lutte contre la France, et lui témoigne le. désir de saluer personnelement un ennemi qui est tombé aussi noblement.
M. Daumas est chargé, ajoute-t-on, de faire auprès d’Abd-el-Kader toutes les instances qui pourront être nécessaires pour le déterminer à faire le voyage de Paris. On se flatte que, lorsqu’il aura vu le roi, la cour, les merveilles de notre grande capitale, il ne songera plus à aller finir ses jours à Alexandrie ou à St-Jean-d’Acre, et qu’il demandera lui-même à rester en France.
(National.)
— Les journaux se sont beaucoup occupés depuis quelques jours d’une lettre écrite à Louis-Philippe par Abd-el-Kader, et ils en ont donné des versions plus ou moins invraisemblables. Nous croyons que parmi tous les bruits qui ont couru à ce sujet, le suivant est le mieux fondé : Abd-el-Kader, après avoir exprimé sa parfaite résignation aux volontés divines, dont il reconnaît le signe dans les derniers événemens, et avoir remercié Louis-Philippe des bons traitemens dont il est l’objet, ajoute que si la capitulation devient une source d’embarras pour le gouvernement, il est disposé à y -renoncer et à se confier à la générosité de son vainqueur.
C’est là un grand triomphe de la diplomatie, mais il est à craindre que le désistement de l’émir ne paraisse pas volontaire à ceux qui ont intérêt à calomnier la France.
— On lit dans la Patrie :
« On disait à la chambre des pairs qu’une interpellation allait être adressée au ministère par M. le comte de Montalembert, au sujet du rôle qu’un pair de France aurait joué dans un trafic de fonctions publiques, d’après le mémoire qu’a publié M. Petit, ex-receveur des finances à Corbeil. »
— Nous lisons dans la Sentinelle des Pyrénées du 6 :
« On nous annonce qu’Espartero est arrivé hier, à quatre heures de l’après-midi, à Saint-Sébastien. Toute la ville a été spontanément illuminée un instant après. »
— On lit dans l’Hermine de Nantes, du 6 janvier
« La bourse du matin a été aujourd’hui très agitée, nos négocians n’en croyaient pas leurs yeux en lisant dans les journaux le texte du projet de loi sur le sel, projet qui confisque le commerce des uns, l’industrie des autres, la propriété de tous.
« Mille rumeurs circulent en ville. L’irritation est très grande ; on accuse de démence le ministère qui a osé mettre au jour un pareil projet.
« L’exaspération sera bien plus grande encore dans le salin de Guerande, quand la fatale nouvelle va y arriver. Puissent les habitans de ce malheureux pays ne pas oublier que les voies de la prudence et de la modération sont toujours les meilleures pour se faire rendre justice. »
— Les plantations de Café, à Ceylan, viennent d’être ravagées par un fléau jusqu’alors inconnu dans l’île, par des myriades de rats venus à l’improviste, on ne sait d’où, mais offrant dans leurs habitudes une grande ressemblance avec les animaux de la même espèce qui émigrent par bandes nombreuses,dans le nord de l’Europe et de l’Amérique. Partout où cette armée d’émigrans a passé, une nuit a suffi pour que les caféiers ne fussent plus que comme d’arides échalas privés de toute verdure. Au matin, le sol se trouvait recouvert d’une épaisse litière de feuilles et de jeunes rameaux coupés à leur intersertion avec le tronc, les fruits qui tenaient aux vieilles branches étaient également tombés. Mais ce qu’il y a de plus remarquable, c’est qu’aucune partie des végétaux ravagés ainsi n’avait servi de pâture aux rats, et que la dévastation paraissait l’effet d’une malice qu’on aurait pu attribuer à quelques malveillaus, si on n’avait constaté la présence de ces terribles animaux.
(Union Monarchique.)
— On lit dans le Journal de Montbrison :
« M. le directeur des postes de Montbrison ayant conçu des soupçons sur la régularité du service du sieur R.., employé au bureau de cette ville, a cru devoir faire ouvrir le tiroir du bureau réservé à cet employé.
« Plusieurs lettres remises précédemment au sieur R... avec le montant de leur affranchissement ont été trouvées dans ce bureau.
« Le sieur R.... s’est empressé de restituer le montant de l’affranchissement de ces lettres, qui ont été envoyées à leur destination. Il a néanmoins été suspendu par l’administration, et, sur un mandat de M. le juge d’instruction, il a été déposé dans la maison d’arrêt de Montbrison. »
— On écrit de Lyon
« Ce matin, 13 du courant, à sept heures, le thermomètre centigrade marquait sept degrés au-dessous de zéro; à dix heures, il était encore à six degrés. Un vent nord-ouest très-vif souffle depuis hier et augmente sensiblement la rigueur de la température. Nos deux rivières, par suite de l’extrême sécheresse qui règne depuis deux mois, sont à un point inouï d’abaissement. La navigation à vapeur est complètement suspendue. On voit des voitures et des charrettes traverser le Rhône au-dessous de la gare de la Vitriolerie: elles ont à peine de l’eau jusqu au moyeu dans les endroits les plus profonds. Enfin, à Lyon, plus de la moitié des puits sont à sec, et l’on a beaucoup de peine à se procurer de l’eau pour les ménages. Quelques personnes l’envoient puiser directement dans la rivière. — Les habitants doivent veiller avec soin chez eux pour éviter toute cause d’incendie, un pareil sinistre pouvant avoir une gravité particulière dans de semblables conditions. »
SURDITÉ. - NOUVELLE DÉCOUVERTE.
M. J. Abraham,, artiste, cours de Tourny, 12, à Bordeaux, vient d’inventer un instrument acoustique, qui lui a valu le brevet le plus honorable de S. M. la reine d’Angleterre, l’approbation des Facultés de Paris et de Londres. Cet instrument surpasse en efficacité tout ce qui a jamais été produit pour le soulagement de cette infirmité. Modelé sur l’oreille et imperceptible, n’ayant qu’un centimètre de diamètre, ce petit objet agit néanmoins si puissamment sur l’ouïe que l’organe le plus défectueux reprend ses fonctions. Les personnes jouissent d’une conversation générale, et le bourdonnement ordinairement senti disparaît entièrement.
En somme, cette découverte offre tous les avantages possibles, relatifs à cette terrible maladie. Les instruments peuvent être envoyés, n’importe la distance, avec leur étui et les instructions imprimées incluses, en adressant (franco) un mandat sur la poste: 15 fr. pour la paire en argent ; 20 fr. pour la paire en vermeil, et 30 fr. en or.
A peine Abd-el-Kader est-il tombé en nos mains, qu’il devient un inconvénient. Que fera-t-on de l’émir ; que décidera-t-on à l’égard de sa résidence ? C’est ce que tout le monde se demande aujourd’hui ; c’est ce que le gouvernement lui-même ne saurait encore nous dire. La politique sans initiative du 29 octobre est fort embarrassée sur ce point.
Quoiqu’il en soit, on nous assure ce soir que M. Guizot, comptant séduire Abd-el-Kader par la perspective d’une position princiêre, se flatte de l’espoir que son prisonnier provisoire demandera à fixer son séjour dans le midi de la France. Dans le cas où cet espoir ne se réaliserait pas, un agent diplomatique serait, ajoute-t-on, immédiatement envoyé auprès de Méhémet-Ali, avec mission d’obtenir de ce dernier, par tous les moyens possibles, un refus positif de recevoir Abd-el-Kader sur aucune partie du territoire égyptien.
A cette version, venue de bonne source, nous joignons la version suivante, donnée ce soir par la Patrie :
« Il paraît certain qu’ Abd-el-Kader a écrit au roi une lettre pour lui demander à ne pas être transféré en Egypte.
« Cette lettre autographe de l’ex-émir aurait été soumise au conseil des ministres, qui aurait décidé de faire venir Abd-el-Kader à Paris, et de l’interner dans une de nos citadelles du Nord. » (Idem.)
lois, des constitutions, des chartes, des hommes et des peuples!
« Mieux vaut pour un Etat le gouvernement absolu d’un roi généreux, jaloux de toutes les belles renommées et des utiles gloires, qu’un gouvernement représentatif estropié, bâtard, dégradé par la corruption ,fonctionnant par la torture des influences, éteignant le patriotisme et dépravant toutes les consciences. »
Cela est bien dit ; mais la conclusion !
bulletin commercial.
Avignon, 15 Janvier 1848
garances.
La même activité que signalait notre dernier bulletin à continué ces jours passés : les prix sont les restés les-mêmes f. 34 à 36 pour les Rosées et f. 42 à 43 pour les Paluds. Les achats ont porté principalement sur ce dernier article.
faits divers.
Le Rédacteur-Gérant : R. de Joannis
3
Gazette de Vaucluse
le reveil de notre héros qui, malgrécette sériè d’émotions et de douleurs, avait fini par s’endormir, vaincu et brisé par la fatigue.
Voilà comment le premier visage, qu’avaient rencontré les yeux de Gaston, avait été celui de Claude Rioux; voilà pourquoi le premier objet, qu’effleura sa main en se tendant vers Claude, fut une lettre de madame de Varni : cette lettre était conçue en ces termes :
« Vous vivez et je suis mariée ; telle est l’idée qui domine l’affreux chaos de doutes, détonnemens, d’angoisses, de désespoir dans lequel je suis plongée : vous vivez et vous avez le droit de m’appeler parjure, moi qui n’ai jamais faibli ; de m’appeler infidèle, moi qui n’ai aimé que vous, moi qui, portant le nom d’un autre, ose encore vous dire que je vous aime.
« Vous le savez, il y a deux ans, nous reçûmes ici la nouvelle de votre mort ; nos amis eux-mêmes y croyaient; moi seule je demeurai d’abord incrédule : malgré des probabilités cruelles qui ressemblaient à l’évidence, une voix intérieure, plus puissante que tout, protestait en moi contre cette certitude ; elle me disait que vous viviez, que ce cœur qui s’était donné à moi et que j’avais accepté, n’avait pas cessé de battre. Superstition ou pressentiment, il me semblait qu’on ne mourait pas ainsi quand on était ainsi aimé ; il me semblait qu’à travers l’éloignement et l’espace, j’aurais dû recevoir quelqu’avertissement surhumain, et comme le contrecoup de cette mort qui me fiançait à un tombeau.
« Cependant, lorsque des semaines et des mois se furent écoulés sans amener aucun incident, aucun indice qui dé-mentît les premiers bruits ; lorsque votre silence eût confirmé ce bulletin funèbre auquel j’avais refusé de croire, il fallut bien me rendre et partager enfin l’opinion de nos amis. Quelles furent alors mes tortures, avec quelle dévorante alternative d’abattement et de révolte je luttai contre cette conviction terrible qui pénétrait peu à peu dans mon âme comme un poison lent dans les veines.... Oh ! mon ami ! ce souvenir seul fait trembler ma main; n’exigez pas que j’essaie de vous le peindre : si vous étiez 1à, à mes côtés, je vous dirais : Regardez-moi ! et je serais comprise et pardonnée !
« Je ne doutais plus ; je n’espérais plus; mais j’aimais encore, et ma pensée ardente, obstinée, errait sur l’Océan, cherchant la place où vous étiez tombé pour s’y ensevelir avec vous, lorsqu’à cet affreux malheur vint s’ajouter un malheur nouveau, plus affreux peut-être. Monsieur de Varni, dont je vous avais quelquefois parlé comme d’un ennemi de mon père, revint à Avignon, après quelques années d’absence. Il me vit et il m’aima: vous ne savez pas, Gaston, ce que c’est que l’amour dans ces âmes violentes, dépravées, que rien n’arrête ou n’épouvante quand il s’agit d’assouvir leurs ardeurs fiévreuses. L’amour de M. de Varni devint bientôt une de ces passions implacables. Sous prétexte d’une réconciliation avec mon père, d’une transaction au sujet de leur grand procès, il trouva moyen de nous faire une visite ; je me vis forcée de l’accueillir. Nous nous mesurâmes du regard, et je me sentis la plus faible ; cette physionomie impérieuse et altière me glaça malgré moi. Instinctivement je compris cet amour bizarre, dévorant, fatal à qui l’inspire, funeste à qui l’éprouve, plus voisin de la colère que de la tendresse, de la haine que du dévoùment; je fis à M. de Varni l’honneur de le haïr et de le craindre ; c’était plus que je n’avais fait pour personne.
« J’eus bientôt des sujets de craintes plus précises : à ma grande surprise, je voyais mon père recevoir M. de Varni avec des marques d’empressement et de déférence. Incapable de dissimuler, je lui en demandai la cause, lui rappellant leurs vieux griefs, les dissensions des deux familles, et témoignant pour le vicomte une répugnance que j’exagérais encore, tant j’étais humiliée, irritée de l’impression qu’il me causait. Mon père qui depuis quelque temps paraissait sombre et préoccupé, commença par m’imposer silence avec une sorte d’autorité contrainte et craintive qui me donna à réfléchir ; inquiète, effrayée, je le pressai de questions, et il m’avoua la plaie secrète qui le rongeait: nous étions menacés d’une ruine complète, si M. de Varni gagnait son procès contre nous. Notre fortune, malgré de brillantes apparences, avait reçu, depuis longues années de désastreuses atteintes. Vieilles dettes, train dispendieux, gestion insouciante, fermiers insolvables, intendans fripons, tout s’était réuni pour creuser sous nos pas un abîme, prêt à nous engloutir si nous succombions dans cette dernière lutte. La perte de ce procès, ce n’était pas seulement la pauvreté ; c’était le déshonneur, car nos créanciers étaient nombreux et nous n’avions plus assez pour les payer.
Le comte Armand de Pontmartin.
(La suite au prochain numéro.)
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2° Les Pluies torrentielles , et celles persistantes et anormales.
3° Les Risques et Chômages des usines et appareils hydrauliques.
4° Les Risques de la Navigation intérieure , sur les marchandises et sur le corps des bateaux.
5° Les Risques de bateaux stationnaires et constructions flottantes.
6° Le Chômage des bateaux chargés en cours de voyage.
société civile
Constituée par Acte passé devant Me Maillaud et son Collègue , notaires , à Paris, les 11 et 12 fév. 1847.
enrégistrés.
conseil de surveillance :
MM.
Le baron Achard , pair de France, lieutenant-général , grand’croix de la Légion-d’Honneur , Président.
Arnous-Dessaulsayes , vice-amiral , grand officier de la Légion-d’Honneur, Vice-Président.
Le baron de Gallois , lieutenant-général , grand officier de la Légion-d’Honneur , idem.
Giroud de Villette , avocat à la Cour royale de Paris , Secrétaire.
Le comte de Schramm , pair de France , lieutenant-général , grand’croix de la Légion-d’Honneur.
Comte de La Grange , pair de France , lieutenant-général , grand officier de la Légion-d’Honneur.
MM.
Comte de Rumigny , lieutenant-général , aide-de-camp du roi , grand officier de la Légion-d’Honneur.
Pellion , ancien receveur des finances.
Crosse , propriétaire , ancien avoué au tribunal civil de première instance de la Seine.
Saint-elme-petit , administrateur de la compagnie du chemin de fer de Paris à Versailles (rive gauche) , ancien élève de l’Ecole Polytechnique , chevalier de la Légion-d’Honneur.
Quétil , chef du Contentieux du chemin de fer de Paris à Strasbourg , chevalier de la Légion-d’Honneur.
Directeur central : M. A. Vossier , Armateur.
Nota. L’art. 169 des Statuts exigeant qu’une somme de douze millions de valeurs classée soit réalisée avant la constitution définitive de la Société , et ce chiffre étant de beaucoup dépassé au 19 octobre dernier , la constitution définitive a été prononcée conformément aux statuts. Au 30 novembre dernier la Société avait atteint le chiffre de cinquante millions deux cents mille francs.
S’adresser , pour d’autres renseignements , à M. RAMEYE aîné , directeur-divisionnaire pour Vaucluse et la Drôme , inspecteur du Midi et associé avec M. Maumet fils , pour ce qui a rapport aux assurances , rue Portail-Matheron, 1, à Avignon
En Vente : A partir du 15 Janvier 1848
l’Annuaire de Vaucluse
pour l’année 1848.
Chez MM. Jacquet , imprimeur , rue St-Marc, 22; Clément Fanot , place St-Didier; Lallemand , papetier , rue Saunerie ; Clément St-Just , libraire et lithographe
et chez tous les Libraires du Département.
Cet ouvrage contient une Liste générale , par indications de demeures , de MM. les négociants , commerçants , courtiers , avocats , avoués , notaires docteurs et médecine , propriétaires et tous les principaux employés de toutes les administrations de la ville d’Avignon et une Liste par professions des principaux négociants du département.
Les personnes qui , nonobstant leur qualité de propriétaires , sont fonctionnaires publics , comrnerçants , industriels , hommes de loi , etc., ont été désignés dans ledit Annuaire sous autant de dénominations qui leur sont applicables et par nature de fonctions , d’industrie ou de profession.
Il contient en outre un Dictionnaire exact des rues d’Avignon par tenants et aboutissants , on y trouve également l’indication de tous les établissements publics qui existent dans cette ville.
L’Annuaire de Vaucluse pour 1848 , contenant environ 1,500 adresses , est indispensable au commerce et surtout aux voyageurs qui viennent dans le département pour y faire des affaires ou seulement par curiosité.
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Cette Maison prie les personnes qui auraient quelques demandes de Pianos à lui faire , de vouloir bien les lui adresser directement à Montpellier. Elle engage à se défier des intermédiaires et à n’accorder aucune confiance à de certaines gens qui se disent ses représentants, lesquels ne sont point autorisés ; M. Ph. Guggemos est le seul représentant de la maison qui porte son nom , et pour ne point être trompé , toute personne doit écrire elle-même sa demande.
échanges et réparations.
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Gazette de Vaucluse
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Théodore Fischer aîné, Imprimeur-Libraire, Directeur-Correspondant de
l’écho des feuilletons,
recueil de nouvelles, légendes, anecdotes, épsodes, etc.,
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Paraissant le 15 de chaque mois , par numéros de 100 colonnes , renfermant la matière de plus d’un vol. in-8° ordinaire , et comprenant la valeur de 16 vol. par an.
huitième année:
Les trois premiers numeros sont en vente. — Prix de la Livraison : 70 c.
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